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My Sweet October – Interview

C’est dans le bar de Trempolino, au rez de chaussée de la Fabrique (nouveau lieu Nantais) que je retrouve le duo My Sweet October, Elsa Massol et Raphaël Thuia.

Pour vous situer un peu tous les 2, quel est votre parcours, chacun de votre côté ?

Elsa : Alors, Elsa Massol, guitariste-chanteuse dans My Sweet October.

J’ai commencé la musique assez tôt. Avec mes premiers groupes, j’ai du commencer vers 12-13 ans. Dans un premier groupe d’amis et ensuite j’ai eu mon premier projet avec des prétentions de développement, il portait mon nom « Elsa Maria Massol ». C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai rencontré Raphaël puisqu’on passait des auditions pour trouver un guitariste, mais ça n’a pas donné suite (rires). C’est dur de se raconter. Avec Raph on s’est retrouvés il y a 1 an et demi de ça, par des amis en commun et parce qu’il joue dans Kwal. Là on a décidés de jouer ensemble, et s’est dit « allez maintenant on y va », on fait un truc. Et puis voilà.

Raphaël : Donc moi c’est Raph, Raphaël Thuia, guitariste de Kwal en parallèle comme vient de le dire Elsa, on sort un album fin Février.
Sur Nantes j’ai évolué dans Manou il y a une quinzaine d’années, Sexy Pop du punk-rock sur Angers, Boutique du Tao, Errnest… Un parcours assez éclectique.
Et depuis 1 an avec Elsa dans My Sweet October ; on s’est côtoyés dans Kwal parce qu’Elsa y est aussi choriste. On se voyait de plus en plus souvent, et un jour on s’est dit tiens…

Comment s’est faite la rencontre, et d’où vient cette envie de jouer ensemble ?

Elsa : C’est assez rigolo parce qu’on avait envie de bosser ensemble, parce qu’humainement ça se passe très bien déjà, et quand on s’est dit « allez on bosse ensemble » c’est allé assez vite parce que Raph était sur Tours et moi sur Angers. Via internet on a commencé à travailler ensemble comme ça Moi au début j’avais des idées que je lui ai proposées, je lui ai envoyés les morceaux, les bribes de morceaux, en mp3 et lui il les récupérait chez lui à Tours. Il rebondissait dessus et on se renvoyait la balle comme ça Du coup ça nous a permis, à chacun, de prendre le temps d’écouter ce que l’autre proposait, pour s’en nourrir et rebondir dessus avec chacun son regard et ça s’est fait comme ça, naturellement.
Au début c’était vachement virtuel.

Et comment êtes vous passé du rock à un style plus folk ?

Raphaël : On voulait faire de l’acoustique.

Elsa : On voulait faire un truc plus léger, en duo. Une formule vraiment légère où on est que 2 à porter le truc et on ne « s’encombre » pas d’autres personnes, on est vraiment le moteur. Enfin « s’encombre pas » c’est pas vraiment sympa.

Raphaël : C’est plus simple en terme de disponibilité, d’humeur…

Elsa : … de motivation. Quand tu es 5 dans le groupe, les 5 ne sont pas moteur en même temps, alors que là chacun à notre niveau on est toujours en train de ramener des choses, de booster l’autre.

Et pour l’écriture, c’est aussi en commun ?

Raphaël : Non, c’est principalement Elsa quand même…

Elsa : … Alors ça c’était plutôt vrai au début…

Raphaël : … Oui mais à l’heure actuelle tu…

Elsa : … En fait Raph il va être plus dans la vision guitaristique du morceau, dans le côté riffs, à trouver des trucs efficaces.

Raphaël : Les arrangements. Les mélodies principales c’est Elsa, des fois je suggère une ligne mélodique. Mais j’ai moins de qualités qu’Elsa pour l’écriture. Pour les plans de gratte la tendance s’inverse c’est plus facilement moi qui vais trouver les petits riffs de part ma spécialisation.
On a une vraie complémentarité, c’est aussi vrai pour les voix. Elsa a une grande tessiture, moi je vais plutôt être dans l’infra, ça se complète bien.

mso My Sweet October   Interview


Quel est le pourquoi du comment de « My Sweet October » ?
Le duo a d’ailleurs débuté sous le nom « Lunar Fields »…

Elsa : Ouais, tu vois on a cherché un nom et l’envie de travailler ensemble s’est faite au moi d’Octobre. Et puis My Sweet October c’est pas sans rappeler un film, il y a aussi côté poétique. Ça nous plaisait.

Quel est pour vous, l’atout de l’autre dans le groupe ?

Raphaël : Bah elle est jolie !

Elsa : Les corones !

(rires)

Raphaël : Voilà c’est réglé ! En fait on est très complémentaires et ça s’est agréable.

Vous tournez beaucoup en café concerts, mais vous avez aussi fait des premières parties d’artistes plus importants, ou de plus grosses dates avec vos anciens groupes.
Vous avez une préférence entre les 2 ?

Elsa : c’est différent à chaque fois. Dans les grosses salles tu es « magnifié », les conditions sont rêvées. Pour la musique c’est vraiment un pied total, mais après le côté plus intimiste des cafés concerts où après on peut plus facilement discuter avec les gens, aller à leur rencontre, c’est quand même super chouette aussi. Le côté grande salle peut plus impressionner mais c’est vrai qu’en tant que musicien, jouer avec des qualités de son comme ça c’est énorme.

Raphaël : Oui mais un petit lieu bien équipé c’est quand même bien agréable. A partir du moment où tu as une bonne façade, un bon retour, des conditions confort, la préférence va se faire sur la proximité avec le public.

Elsa : Les 2 ont leurs qualités.

Dans les grandes salles, avec My Sweet October, vous avez pu jouer en premières parties.
Comment a été l’accueil du public ?

Elsa : On a vraiment été surpris, parce que c’est toujours un peu délicat quand tu arrives, les gens ne viennent pas pour te voir toi. Tu arrives un peu timide et tu as envie de faire bonne impression.

Raphaël : On a aussi eu la chance d’être bien programmés. Les programmateurs ont bien compris notre style, notre musique, ils ont adapté leur programmation, notamment au Chabada en première partie de Jerho. C’était bien senti ; on ne ferait pas une première partie de Mass Hystéria (rires). C’est hyper important ça, avant qui tu vas passer, il faut que ça soit cohérent.

Elsa : Mais tu vois par exemple, avec Medi où du coup ça s’éloignait quand même plus de notre univers, l’accueil a été vraiment super. On reviendra en Bretagne !

Vous préparez la sortie d’un EP.
Quel est son but premier, avoir un objet à vendre après les concerts ou plutôt un support pour la promo ?

Elsa : Les 2. La promo, pour avoir un bel outil de démarchage qui présente bien, qui nous représente bien. Pour l’instant les démos qu’on a faites c’était par nous même, on a essayé de les soigner mais on a pas vraiment l’oreille de l’ingé son.
Pour l’EP on a invité des musiciens, donc il est un peu plus produit, en terme de couleur ça va élargir un peu plus.

Raphaël : C’est pour répondre à une demande aussi ; on ne nous demande souvent des cd. Prendre les maquettes c’est bien, mais ça va un temps. On a envie de vraiment être fiables.
On a envie de passer à un truc plus pro, surtout que l’on a les gens qu’il faut dans notre entourage très proche. Par exemple Baptiste Brondy (batteur de Lo’Jo, les Silencers), Jean Lamotte qui a travaillé avec Kwal, Hervé Moquet.

Elsa : C’est Nico Houssin l’ingé son de Kwal qui enregistre l’album.

Raphaël : On fait ça en famille.

Et pourquoi choisir d’enregistrer un 6 titres plutôt qu’un album ?

Raphaël : L’album c’est trop tôt. On a commencé à démarcher des maisons de disques ; sortir un album qui n’a pas les armes pour percer, ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas envie de sortir 2 albums pour que le 3ème soit reconnu.
Je pense que ça ne t’intéresse pas non plus…

Elsa : Non non.

Raphaël : Un album c’est un budget, tu passes beaucoup plus de temps sur un album que sur un EP. En terme de format aussi, on a une quinzaine de morceaux au répertoire, ça permet d’en choisir 6, de les retravailler, affiner.

En ce moment vous n’avez que des maquettes.
Elles vous servent pour démarcher ? Comment se passe justement le démarchage des salles ?

Raphaël : Oui on démarche avec, et on a également 2 morceaux enregistrés chez Jean Lamotte avec un artiste qui s’appelle Orlando Morais. C’est un artiste avec qui je travaille également en parallèle ; c’était dans le cadre d’une émission pour Canal Brasil.
Ça propose autre chose que notre maquette dans le sens où c’est plus produit, Orlando y chante en Brésilien. Il y a Pascal Danaë (gratteux d’Ayo, Voulzy… ) qui est également de la partie. Du coup les morceaux ressemblent à ce que va donner le 6 titres.
On est dans cette direction là. Le 6 titres ce n’est pas ce qu’on fait sur scène à 2 guitares.
On défend ce côté à 2 guitares sur scène pour un côté pratique en terme de programmation, pour le budget aussi.
Après pour le démarchage, on cible le booking. Il y a des lieux où l’on sait que ça ne passera pas, ça sert à rien d’aller taper à la porte, il faut être clairvoyant.

Pour conclure, comment vous voyez les 6 prochains mois ?

Raphaël : Grâce à Lætitia Ameline, qui est à côté de nous, bien remplis en concerts.

Elsa : Tout à fait ! (rires).